| Mais où est donc passé le petit garçon qui, terrorisé par les bourrasques de vent, les coups de tonnerre et les éclairs, se glissait au plus profond de son lit, inquiet, tremblant, attendant avec angoisse chaque coup de canon suivant ces puissantes lumières parcourant le ciel en colère…ce petit garçon a tout simplement grandi, et s'est pris de curiosité pour ce phénomène qui le terrorisait. Cette curiosité s'est manifestée à la suite d'une violente journée orageuse, en soirée du 31 Juillet 1994, provoquant des inondations dans un village voisin et de nombreux dégâts. Des orages très électriques, avec coup de tonnerre sur coup de tonnerre, j'ai vu la foudre tomber à deux reprises devant chez moi, en plein cœur du village. Mes parents ce soir là, n'on pas fini de traire les vaches dehors, tout simplement par peur…mon père en rentrant m'a dit une phrase, « l'herbe était en feu » A l'adolescence, tous les week-end et vacances scolaires, j'allais aider mes parents à la ferme. J'ai donc été encore un peu plus en contact avec les éléments déchainés. Je me rappelle de quelques orages violents vécus dehors, en finissant les foins avec hâte, ou encore la traite des vaches, avec pour abri, une armature en fer, en contact direct avec le sol…là j'ai vécu des moments fort. Comment oublier l'excitation des animaux avant l'orage, le regard de mon père tourné vers le ciel, le scrutant, et anticipant sur la seule issu possible, il fallait se préparer à courber l'échine, à être dominé par le ciel…comment oublier le bruit de la pluie battante, de la grêle sur ce « bout de métal », la force du vent le secouant comme un fétu de paille…la peur des animaux était clairement palpable, tout comme le regard anxieux de mon père…des souvenirs fort dans la violence, mais aussi dans la beauté du moment, dans le calme post-orageux, avec le retour du soleil, cette odeur d'humus enivrante et le chant des oiseaux comme un symbole du retour de la « sérénité » Suite... |